Actulive.net | Avant-première mondiale de ‘’Ma vie en rose’’
19 avril 2017 | 913 Vues

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Jenny Mézile se substitue en un désespéré

« Ma vie en rose », une pièce tirée de la tragédie qu’a vécue Haiti en 2010 a été présentée en avant première mondiale le Vendredi 7 Avril à l’Institut français d’Abidjan-Plateau. Inspirée, écrite, chorégraphiée et mise en scène par Jenny Mézile, la pièce a été interprétée par la compagnie ‘’Les pieds dans la marre’’. De ce tremblement de terre qui a fait 200.000 morts, Jenny Mézile, qui a passé une grande partie de sa vie entre ouragans et cyclones, a tiré les pensées d’un englouti sous les dalles de béton. Qui, entre l’espoir de vivre et le désespoir de mourir, revoit des instants de sa vie teintée de rose, lors des évènements heureux, qu’il s’était donnés à cœur joie. L’une de ses pensées est de s’imaginer, s’il venait à être secouru, est quelle vie de délices, allait-il se croquer à pleines dents. Cette inspiration de grande qualité est une navigation accordée par la chorégraphe à deux dizaines de danseurs d’exprimer l’amertume, la meurtrissure, l’espoir et le désespoir qui a animé la vie des acteurs sur le terrain en ces temps-là. Comment capter les pensées d’un enterré sous des pierres et objets, qui l’empêchent d’être actif ? Comment singer les secouristes, les affligés et la communauté internationale ? Tout cette plénitude d’inclure toutes ces personnes à cette pièce est un vrai casse-tête chinois. Qui a néanmoins trouvé réponse, grâce à la chorégraphe habituée à ce genre d’événements depuis sa tendre enfance. Originaire du pays, elle sait à merveille les affres que laissent ces calamités naturelles. La maestria de la créatrice a certes été établie, mais force est de reconnaitre qu’un travail de fonds doit raffermir la pièce. Les danseurs sont pour la plupart des jeunes que Jenny est en train de former pour leur belle assise dans le milieu de la danse. Donc, pour ce genre d’expédition, c’est aux forceps qu’elle leur a donnés une image et une présence scénique. Car, comme on le constate, ils sont plus à l’aise quand surviennent les séances de musiques de jeunes (Coupé décalé et Rnb). Ajouté à cela, Jenny doit repenser le concept. Le jumelage du tremblement de terre au ‘’Vendredi noir’’, un épisode tiré de la crise postélectorale ivoirienne de 2010, ne cadre pas. Il faut à la chorégraphe dissocier les choses. Elle, qui a passé une semaine sans avoir des nouvelles de sa famille lors du tremblement de terre, gagnerait à se concentrer davantage sur cette catastrophe. Le décor du premier tableau de parties de corps déchiquetés, éparpillés ou amputés est bien. Mais il lui manque d’autres matières tel le spectre de maisons effondrées et d’éléments environnementaux à inclure.

Clemso ACTULIVE

 

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