Actulive.net | Interview avec NADEGE SELLOU
13 août 2014 | 813 Vues

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Actulive, dans le souci de faire exprimer les artistes et les acteurs du monde des arts et de la culture, t’offre en conversation, la chorégraphe Ivoirienne Nadège Sellou, initiatrice avec Thomas Gueye, du festival « FESTIVOIRE ». Son histoire aujourd’hui, ce n’est pas le silence qui la raconte , mais elle-même. Peu connue en Côte d’Ivoire, car vivant et exerçant en France, Nadège Sellou se confie à nous au détour de la 5ème édition de cette rencontre culturelle au Goethe Institut d’Abidjan.

 

  • Qui est Nadège Sellou ?

Je suis Nadège Sellou, danseuse chorégraphe et professeur de danses africaines et contemporaines.

 

  • En quoi consiste ce stage que je qualifierai de tourisme culturel ?

Ce stage consiste à pouvoir faire l’échange culturel entre l’Europe et la Côte d’Ivoire, afin de permettre aux Européens, qui déjà là-bas baignent dans notre art, de venir à la source même, afin de mieux s’ancrer dans tout ce que nous leur apprenons en Europe.

 

  • Comment vous est venue l’idée de réaliser ce pont culturel Afrique-Europe, par l’art et la culture ?

L’idée est venue tout simplement par ma passion pour l’art, les danses africaines et ivoiriennes. J’ai commencé à danser depuis l’âge de trois ans. Je viens d’une famille d’artistes et moi-même passionnée, je me suis formée avec une troupe de danse, avant d’intégrer le « BALLET NATIONAL DE COTE D’IVOIRE ». J’ai fait de nombreuses tournées en Europe avant de m’y installer, afin de vivre de mon art et transmettre mon savoir. Avec mon confrère THOMAS GUEYE, nous avions décidé de mettre en place des stages  pour permettre à nos stagiaires qui nous suivent partout de venir en Afrique. Avant cela, j’ai créé une association à but non lucratif, qui rassemble toutes les personnes  passionnées  de danse, dans le but d’échanger tout simplement, parce que la culture permet de s’ouvrir aux autres, d’apporter beaucoup de choses. Pour moi, la culture n’a pas de frontières, de langage et de couleurs. C’est de là d’où nous vient l’idée de toutes ces motivations, qui nous bousculent en avant, afin de permettre aux Européens de venir faire des échanges avec nous en Afrique.

 

  • Votre combat : Vendre les valeurs culturelles et artistiques d’Afrique, n’est-ce pas une colonisation de l’Europe par l’Afrique ?

Pas du tout ! Moi je vis déjà de ma passion, c’est une grande chance. Il faut reconnaître que pas mal de nos confrères arrivent en Europe de la Côte d’Ivoire, Ils ont cessé la danse malheureusement, parce qu’ils n’ont pas eu la chance de continuer faute de contacts sérieux et de patience. Moi j’ai suivi plusieurs formations pour être appréciée dans le milieu, partout en Europe. Je pense que le talent a payé. Tous ceux qui viennent, ce n’est pas forcement dans le but de continuer la danse. Parlant de colonisation dont vous avez fait allusion, les blancs viennent à moi parce que, ce que je dégage culturellement comme énergie leur plaît, c’est dans ce sens qu’on essaie d’échanger  et à but non lucratif. Aussi je suis maître de mon art. Ce sont des échanges, pas de colonisation d’eux par moi.

 

  • Pendant que les danseurs et chorégraphes Africains cherchent à aller monnayer leur talent en Europe et en Amérique, vous attirez des professeurs de danse et d’instrumentation, pour venir suivre des stages et de l’apprentissage en Cote d’Ivoire, n’est-ce pas là un contraste ?

Pour moi, non ! Parce qu’après tout, qu’on pense comme on veut. Moi, le plus important est de faire connaître ma culture. Ensuite, permettre à l’art africain dans toute sa généralité, de pouvoir conquérir l’Europe, l’Occident, l’Orient et même l’Asie. Il faut le reconnaître, ce n’est pas évident, mais c’est un combat de tous les jours. On a envie que tout se déroule bien et savoir qu’on a beaucoup à offrir à notre tour. Il est très important pour moi d’être reconnue pour mon art. En dehors de la couleur de ma peau, qu’on  respecte mon art. Je déplace les Européens pour venir partager ce qui est mon identité, noble et important pour moi. Çà ne se monnaye pas, je n’ai pas besoin de me vendre sur un plateau en or. J’envie ma culture et je permets aux gens passionnés comme moi, qui ont envie de venir apprendre sur ma terre de venir. Je dis : ma terre, parce que pour moi qui y suis née, j’y ai baigné, je m’y suis trempée, c’est plus que vachement bien de pouvoir la mettre en avant.

 

  • Comment se présentera la 6ème édition de votre festival ?

 

 

La prochaine sera encore plus grande, car nous viendrons avec des Coréens, des Japonais, qui sont intéressés par nos travaux. J’en suis contente, car c’est la culture ivoirienne qui franchit les frontières.

 

  • Votre conclusion ?

Je voudrais que les autorités encouragent les efforts que nous faisons. Non seulement, c’est notre culture qui se fait connaître, mais c’est aussi un pool touristique que nous installons. Je remercie ACTULIVE, le partenaire de la culture… et à la prochaine saison.

 

Clemso Actulive

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