Actulive.net | Interview Guéi Thomas : Festival ‘’100 Tambours’’
21 février 2017 | 506 Vues

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Interview Guéi Thomas

Réalisée par Clemso ACTULIVE

Festival ‘’100 Tambours’’

Face au manqué de volonté culturelle

Thomas Guéi en colère

« Si nous n’avons pas financement, nous allons arrêter »

 

Le talentueux percussionniste ivoirien Thomas Guéi est de passage en Côte d’Ivoire, à l’occasion de son festival ‘’100 Tambours’’, qui est à sa 2ème édition cette année. Reporté par manque d’aides, le percussionniste nous livre sa passion et ses déceptions vis-à-vis des décideurs culturels.

Quelle est l’actualité de Guei Thomas ?

Je suis en Côte d’Ivoire pour le festival ‘’100 Tambours’’, qui malheureusement vient d’être reporté. Nous aurons la date de confirmation le 21 février. J’ai donné un concert au Sweet Garden en compagnie de deux artistes de renom, la chanteuse Christina Goh et le saxophoniste Isaac Kémo. Ce sont trois univers différents qui vont faire montre de leurs talents.

Pour la deuxième édition de 100 tambours, à quoi doit-on s’attendre comme apport en nouveautés ?

J’avais prévu quatre groupes locaux. Deux de femmes dont, ‘’Femmes battantes’’, il y aura aussi Guéi Thomas et le collectif européen, des percussionnistes venus de la France, de Belgique et de l’Italie. Virginie Robia, violoniste présente aussi l’année dernière, Christina Goh, Boris, Ray Adénais qui est un super percussionniste talentueux, Antillais qui joue le tambour ‘’Bêlê’’ qui est un tambour à découvrir. Il est le percussionniste du groupe Kassav.

Tous ces gros calibres de la percussion et de la chanson que vous avez emmenés, c’est dans quel objectif, vu que vous n’avez pas voulu vous arrêter au simple tambour ivoirien ?

C’est pour en même temps internationaliser et donner de la saveur au festival. La percussion en elle-même est déjà un instrument international. Et pour moi quand on parle culture, je pense brassage. Car, nous ne pouvons pas seulement nous cantonner sur nos rythmes traditionnels. Il nous faut arriver à découvrir les autres percussions, telles les asiatiques, européennes. Parce que, lorsque je parle de percussions européennes, des personnes disent : « Est-il vrai qu’elles existent en Europe ? », Bien sûr que oui. Les Européens ont une tradition. Ils vivent la modernité, mais ils ont leur tradition. C’est le côté traditionnel universel que j’essaie de remettre en place.

Pour certains participants, c’est sûrement la première fois qu’ils arrivent en Afrique. Ce qui reste à penser qu’ils n’ont pas assez de notions de nos percussions. Bénéficieront-ils d’un stage pour percussions africaines ou d’autres choses ?

Bien sûr ! Le festival en lui-même n’est pas juste pour des prestations uniquement. Autour du festival, il y a des ateliers. Cette année, j’ai prévu de faire des ateliers de percussions dans des orphelinats de Bingerville, d’Abobo (Village d’enfants SOS). Ce sont ce genre d’enfants que je vais toucher dans un esprit humanitaire. Je ne veux pas que les invités viennent juste prester et partir. Je voulais à la base que notre arrivée ait pour sens, d’aller donner des ateliers dans ce genre d’endroits où habitent des déshérités sociaux. Que ce soit des ateliers de violon, de saxo, voire même des conférences sur la percussion, la fusion avec d’autres percussions. C’est tout cela que j’espère mettre en exergue.

Le festival est programmé pour combien de jours et combien de groupes y participeront ?

Normalement, il y a deux jours affrétés au festival. Il y a 10 groupes. Ce qui revient à dire que cinq (5) groupes sont programmés par jour.

Peut-on savoir le budget de l’action ?

Ecoutez, les gens se disent qu’en organisant ce genre de choses, on a plein de sous. Pas forcément ! J’ai investi beaucoup d’argent. Mes amis que voici, ont également contribué. Il y en a qui ont payé de leurs poches tous les frais du voyage. Parce qu’ils aiment la culture. Je vous apprends qu’on n’est pas plein aux as. La preuve, si la deuxième édition n’a pas eu lieu dans le délai normal, c’est parce que nous avons demandé de l’aide à des structures sensées aider la culture ici et que celles-ci ne nous ont pas donné d’avis favorable. Du coup nous avons repoussé la date du festival. Donc, nous sommes en train de nous atteler à tout faire pour ne pas voir la belle mort de ce festival. Si nous n’avons pas d’aide, je ne vois pas pourquoi continuer. Nous réussissons à organiser le festival, parce que nous le faisons avec le cœur. C’est la transmission qui compte, pas le bénéfice.

Peut-on savoir combien de nationalités participeront à cette édition ?

Il y en a plein. Il y a des Antillais, des Ivoiriens, des Belges, des Coréens du Sud, des Américains. En fait, nous avons invité des artistes de tous les continents. Si j’avais eu les moyens, j’aurais invité des percussionnistes Chiliennes. Si je peux aller au pôle nord, je le ferai.

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